Le blog de Michel Plazanet

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« Une souris verte » au Théâtre Tristan Bernard (64, rue du Rocher, Paris 8ème) du mardi au samedi à 21h, samedi à 18h

Classé dans : THEATRE — 26 mai, 2008 @ 9:12

« UNE SOURIS VERTE » de Douglas Carter Beane, adaptation Jean-Marie Besset, mise en scène Jean-Luc Revol avec Raphaëline Goupilleau, Arnaud Binard, Edouard Collin, Julie Debazac.

« A Hollywood, pour arriver en haut de l’affiche, il faut aussi occuper le terrain médiatique. Pour qu’on parle de vous quand on est un jeune acteur en pleine ascension, quoi de plus efficace qu’une belle histoire d’amour, si possible avec une femme ? C’est ce que Diane, une grande impresario de Los Angeles, essaye d’imposer à Mitchell, sa star montante qui ne voit pas tout à fait la vie comme ça. Il devra se plier à la règle, du moins aux yeux du public.  »

Une pièce un peu inégale, sans doute plus habile que sincère mais diablement efficace, très bien adaptée et superbement mise en scène. La satire des moeurs d’Hollywood, où l’argent achète tout, y compris les consciences et où la parole n’a aucune valeur, est à la fois très drôle et d’une noirceur terrible. En agent prête à tout pour placer son comédien, Raphaëline Goupilleau joue dans un seul registre, celui du cynisme rigolard, mais elle y excelle ; son Molière n’est pas usurpé, même si, considérant son expérience, celui de la meilleure comédienne eut été plus adaptée que celui de la révélation féminine. Les autres comédiens ont des rôles moins valorisants mais je les ai cependant trouvés très bons.  

 

« Le banc » au Théâtre Montparnasse (31, rue de la Gaîté, Paris 14ème) du mardi au samedi à 20h30, le samedi à 18h

Classé dans : THEATRE — 5 avril, 2008 @ 6:00

« LE BANC » de Gérald Sibleyras, mise en scène de Christophe Lidon avec Philippe Chevallier et Régis Laspalès.

Vladimir Zkorscny et Paul Letellier forment un duo de piano à quatre mains. Depuis 20 ans, ils sont assis près l’un de l’autre sur un petit banc. Une fondation leur prête un chalet de montagne sur la frontière austro-italienne, pour répéter.. Au lieu de travailler, les deux pianistes se parlent. Bientôt, ils se disent tout, et très vite ne s’épargnent plus rien.

Un spectacle assez affligeant. Le texte est d’un vide abyssal, l’enjeu dramatique inexistant et l »humour » d’une grande lourdeur. C’est d’autant plus regrettable que Gérald Sibleyras a écrit de très bonnes pièces (« Un petit jeu sans conséquences », « Une heure et demie de retard » « Le vent des peupliers »…).; Mais celle-ci, qui vient après une « Danse de l’albatros » déjà pas terrible quoique en partie sauvée par le talent d’Arditi, est carrément bâclée. Ni le metteur en scène, ni Chevallier et Laspalès (auxquels il faut pourtant reconnaître le courage d’essayer de changer de registre) n’en peuvent mais !  

« La Reine morte » au Théâtre 14 (20 avenue Marc Sangnier, Paris 14ème) mardi, mercredi et vendredi à 20h30, jeudi à 19h, samedi à 16h et 20h30

Classé dans : THEATRE — 5 avril, 2008 @ 5:56

« LA REINE MORTE «  de Henry de Montherlant, mise en scène de Jean-Laurent Cochet avec Jean-Laurent Cochet, Catherine Griffoni, Elisabeth Ventura, Xavier Delambre, Pierre Delavène, Frédéric Guignot, William Beaudenon, Thierry Bertomeu, Christophe Boutellier, Antoine Agrange, Axel Blind.

L’infante de Navarre vient au Portugal épouser le prince Pedro, fils du redoutable roi Ferrante. Mais Pedro s’est marié en secret à Inès de Castro, une noble de naissance bâtarde, et qui plus est l‘a mise enceinte. Soucieux de ménager sa succession, le roi est furieux. Poussé par des conseillers jusqu’au boutistes et ne parvenant pas à faire annuler l’hymen par le Pape, il se résout à faire exécuter Inès. Mais il meurt immédiatement après et Pedro, devenu roi, couronne une reine morte.

Sur le thème de la raison d’État, le texte de Montherlant, écrit en 1942, est à la fois puissant et brillant. Côté mise en scène et décor, Jean-Laurent Cochet ne s’est pas beaucoup foulé et il a tendance à tirer la couverture à lui mais quel acteur inventif, au sommet de son art ! Dans ce rôle d’une grande richesse (le roi est un personnage à la fois cynique, intelligent et faible), sa virtuosité, son débit ultra-rapide et son sens du tempo font merveille. A ses côtés, la menue et pétulante Elisabeth Ventura est une infante absolument remarquable. En revanche, Catherine Griffoni, trop âgée pour son rôle , a certes une très belle voix mais elle n’est pas une Inès très convaincante, ne faisant pas ressentir suffisamment sa douleur d’être séparée de son amant, ni ensuite sa peur de mourir. Les seconds rôles (tenus par des élèves de Cochet dont certains manquent un peu de présence) sont sacrifiés. Malgré ces réserves, j’ai beaucoup aimé ce spectacle très rythmé (on ne voit pas le temps passer), au dénouement bouleversant et magnifique.

« Jupe obligatoire » au Petit Gymnase (38, Boulevard Bonne-Nouvelle, Paris 10ème) , du mardi au samedi à 21h

Classé dans : THEATRE — 16 mars, 2008 @ 11:08

 « JUPE OBLIGATOIRE » de Nathalie Vierne, mise en scène de l’auteur, aveOlga Sekulic, Valérie Decobert, Jean-François Gallotte, Ludovic Berthillot, Jean Michel Wanger.

Par l’entremise de son ex, un comédien connu et impuissant, une scénariste coincée fait la connaissance d’une bimbo écervelée afin d’écrire un film sur le libertinage. En parallèle, elle dialogue par Internet avec un Maître Fong, un gourou pseudo-asiatique.

Cette comédie de moeurs connaît un beau succès grâce au bouche-à-oreille. Pourtant, la première demi-heure, très caricaturale, fait craindre le pire. En outre, le sujet annoncé (les fantasmes féminins) n‘est pas vraiment traité. Mais la qualité de la pièce va crescendo, jusqu’à un final surprenant et très réussi. Si Jean-François Gallotte (le David Grossexe de Carbone 14) manque de subtilité, en revanche la blonde filiforme Olga Sekulic et la très sexy Valérie Decobert sont parfaites ; quant à l‘imposant Ludovic Berthillot, il est excellentissime dans le rôle du maître spirituel.

« Guantanamour » au Vingtième Théâtre (7 rue des Platrières, Paris 20ème), du mardi au samedi à 21h30, dimanche à 17h30

Classé dans : THEATRE — 16 mars, 2008 @ 11:02

« GUANTANAMOUR »de Gérard Gélas, mise en scène de l’auteur avec Guillaume Lanson et Damien Rémy.

A Guantanamo, dans une cage grillagée, un face-à-face entre un G.I. et un prisonnier présumé d’Al Qaïda: deux êtres que tout sépare mais qui vont finir par se rapprocher.

Sur un sujet passionnant et indispensable, un spectacle souvent éprouvant, malgré quelques notes d’humour. Si le texte de Gérard Gélas (écrit dans l’urgence de l’après 11 septembre 2001), n’évite pas toujours le didactisme et le manichéisme, sa mise en scène s’avère très réussie. Damien Rémy est excellent dans le rôle du prisonnier. En revanche, Guillaume Lanson, qui parle avec la voix du Monsieur Sylvestre des « Guignols de l’Info », m’a semblé trop monolithique.

 

« Héloïse » au Théâtre de l’Atelier (place Charles Dullin, Paris 18ème) du mardi au samedi à 21h, dimanche à 16h:

Classé dans : THEATRE — 9 mars, 2008 @ 7:48

« HELOÏSE » de Patrick Cauvin, mise en scène de Patrice Leconte avec Rufus, Mélanie Bernier, Bernard Alane, Agathe Natanson, Isabelle Spade, Laurent Gendron.

Un cours de danse, à l’enseigne « Héloïse et Roméo ». On y apprend les danses de salon, Mais monsieur Roméo est seul à enseigner. Héloïse est partie. Ou morte. Ou bien peut-être n’a-t-elle jamais existé. Il y a là quelques élèves, les derniers sans doute qui s’inventent tous des vies qu’ils n’ont pas. . Mais bientôt Roméo va mettre la clef sous la porte. Jusqu’au jour où une jeune fille, Mona, pousse la porte du cours de danser. Peu à peu Roméo reprend goût à la vie…

Une pièce gentillette mais un peu paresseuse qui manque à la fois d’enjeu et de style. Patrick Cauvin et Patrice Leconte ont fait beaucoup mieux au cinéma (voir par exemple « Le mari de la coiffeuse »). Et les comédiens ne sont pas extraordinaires, même si la jeune et charmante Mélanie Bernier est une belle révélation.

« Je m’appelle Marilyn » au Théâtre des Variétés (7 Boulevard Montmartre, Paris 2ème) du mercredi au samedi à 21h30, dimanche à 16h.

Classé dans : THEATRE — 9 mars, 2008 @ 7:45

« JE M’APPELLE MARILYN » de Yonnick Flot, mise en scène de Smaïn avec Virginie Stévenoot.

Monologue d’une jolie blonde enfermée dans une chambre d’hôpital, qui ne cesse de répéter qu’elle est Marilyn et revient sur certains épisodes de sa vie et de sa carrière. Mais, à certains détails et lapsus, on comprend qu’il s’agit d’une pauvre fille internée qui se prend pour la star défunte.

Finalement, que le personnage soit Marilyn ou une mythomane n’a guère d’importance : la détresse et la schizophrénie sont les mêmes. Le texte du critique de cinéma Yonnick Flot n’est pas génialissime mais le spectacle est à voir pour l’étonnante Virginie Stévenoot, qui semble véritablement habitée par son rôle.

« Réception » au Théâtre des Mathurins (36 rue des Mathurins, Paris 8ème) du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 15h

Classé dans : THEATRE — 9 mars, 2008 @ 7:42

« RECEPTION » de Serge Valletti, mise en scène de Christophe Correia avec Jean-Claude Dreyfus, Claire Nebout.

Dans un hôtel minable de province, un réceptionniste solitaire, bougon et alcoolique voit ses petites habitudes bouleversées par l’arrivée d’un énigmatique jeune VRP dynamique puis de son invitée, une jeune femme mystérieuse et troublante.

Une pièce mineure et un peu cousue de fil blanc qui ne tiendrait pas la route dans un grand théâtre. Mais, dans la petite salle des Mathurins, la proximité aidant, on passe un moment plutôt agréable. Si Jean-Claude Dreyfus, patibulaire à souhait, est presque trop évident pour le personnage du taulier (il aurait sans doute été plus pertinent de choisir un acteur à contre-emploi), Claire Nebout est étonnante dans un double rôle (elle est notamment très crédible en homme).

 

« Question d’envie » au Petit Théâtre de Paris (15 rue Blanche, Paris 9ème) du mardi au samedi à 19h, dimanche à 17h)

Classé dans : THEATRE — 9 mars, 2008 @ 7:34

« QUESTION D’ENVIE » de Marie-Julie Baup & Didier Tournan, mise en scène d’Agnès Boury avec Laetitia Pelliteri, Marie-Julie Baup, Catherine Birau, Didier Tournan.

Isolés pour une expérience dans des cabines individuelles, quatre personnages s’expriment autour du mot envie.

Ces variations sur le thème de l’envie sont davantage un exercice de style qu’une véritable pièce. Ceci dit, le texte est amusant, la mise en scène ultra-rythmée et les quatre jeunes comédiens (dont les deux auteurs) parfaits. Un bon petit spectacle proposé à 19h, idéal pour commencer la soirée.

« L’antichambre » au Théâtre Hébertot (78 Bd des Batignolles, Paris 17è), du mardi au samedi à 21h, samedi à 18h, dimanche à 16h

Classé dans : THEATRE — 13 février, 2008 @ 10:05

« L’ANTICHAMBRE » de Jean-Claude Brisville, mise en scène de Christophe Lidon avec Danièle Lebrun, Roger Dumas et Sarah Biasini.

Dans les années 1750, Madame du Deffand, qui tient l’un des salons les plus courus de Paris, où vient régulièrement son ancien amant le Président Hénault, engage comme lectrice Julie de Lespinasse, fille illégitime de son frère. La jeune femme est pleine d‘admiration pour sa tante, qui ne lui rend pas cette affection et la traite froidement en raison de sa bâtardise. Mais bientôt la chrysalide devient papillon et l’antichambre où règne Julie éclipse le salon de sa tante, dont le charme se fane et qui perd la vue. Une lutte implacable s’engage entre la vieille aristocrate « amie de la philosophie mais ennemie des philosophes » qui ne croit guère en Dieu mais défend l’ordre et la monarchie, et l’ambitieuse Julie, qui s’enflamme pour les Lumières, adore Diderot et d’Alembert et soutient Voltaire dans son combat pour la réhabilitation de Calas.

Basée sur des faits réels, cette pièce créée par Suzanne Flon et Henri Virlojeux n’est sans doute pas la meilleure de Jean-Claude Brisville (elle n’échappe pas toujours au didactisme et à un certain schématisme) mais, comme toujours chez cet auteur spécialiste des affrontements verbaux, cééla langue est brillante. Après un démarrage un peu poussif qui fait craindre un certain académisme, la qualité du spectacle va crescendo. Les trois interprètes sont impeccables avec une mention spéciale à la toujours exquise Danièle Lebrun (mais Sarah Biasini, fille de Romy Schneider, fait preuve d’un vrai talent de comédienne dans un rôle riche en nuances). Le travail de Christophe Lidon est de qualité même s’il n’était sans doute pas nécessaire de surligner le déclin de Madame du Deffand en faisant progressivement rétrécir le décor. Une bien belle soirée tout de même.